Une tache au plafond de la chambre du haut, et une souche qu'on ne regarde jamais
Dans les pavillons de banlieue et les maisons en meulière de Champigny-sur-Marne, Villiers-sur-Marne, Nogent-sur-Marne ou Saint-Maur-des-Fossés, la souche de cheminée est l'élément de toiture le plus exposé et le moins entretenu. Elle dépasse du plan de couverture, prend le vent d'ouest de plein fouet, reçoit la pluie sur quatre faces, subit les écarts de température les plus violents du bâtiment — et personne ne la voit, parce qu'on ne monte jamais sur le toit.
Le symptôme arrive donc par l'intérieur : une auréole brune au plafond de la chambre sous comble, un papier peint qui cloque le long d'un conduit, un plâtre qui se poudre dans le grenier au pied de la maçonnerie, parfois une odeur de suie humide quand il pleut d'affilée. Beaucoup de propriétaires appellent alors un couvreur pour « une tuile cassée ». Dans une majorité de cas en Île-de-France, le point d'entrée est la souche de cheminée fissurée ou son solin : la maçonnerie, les joints, l'arase ou le raccord zinc ne font plus leur travail.
Ce guide détaille le diagnostic d'une souche dégradée, la différence entre les quatre décisions possibles (rejointoiement, réfection partielle, réfection complète, arasement sous toiture), les obligations liées au conduit, les règles d'urbanisme et de copropriété, et les fourchettes de prix 2026 constatées autour de Champigny-sur-Marne.

Pourquoi les souches se dégradent toujours plus vite que le reste du toit
Une souche francilienne typique est construite en briques pleines hourdées au mortier de chaux, parfois en moellons enduits, avec une arase en ciment refaite dans les années 1970-1980 et des conduits boisseaux ou en simple maçonnerie. Quatre mécanismes l'abîment :
- Le gel-dégel. La brique pleine ancienne est poreuse. Elle absorbe l'eau, gèle, et le feuilletage de la surface part en écailles : c'est la brique gélive. En Val-de-Marne, 15 à 30 cycles de gel par hiver suffisent à ruiner une arase mal protégée.
- Les sels de condensation. Si le conduit a servi au fioul, au charbon ou à une chaudière gaz mal ventilée, les condensats acides traversent la maçonnerie et font éclater les joints de l'intérieur vers l'extérieur. On reconnaît ce cas aux taches brunes grasses qui ressortent sur la face intérieure, dans le grenier.
- L'incompatibilité ciment / chaux. Une arase en ciment rigide posée sur une maçonnerie en chaux souple fissure systématiquement au bout de 20 à 30 ans. L'eau s'infiltre alors dans la fissure, circule dans l'épaisseur du mur et ressort… trois mètres plus bas.
- Le solin. C'est le raccord entre la maçonnerie et la couverture. Un solin au mortier (« solin plâtre et tuile » ou mortier bâtard) a une durée de vie de 15 à 25 ans. Il se décolle, s'ouvre d'un ou deux millimètres, et l'eau de ruissellement de toute la pente supérieure entre par là.
À retenir : dans les expertises d'infiltration sous comble en pavillon ancien, le trio arase fissurée + joints ouverts + solin mortier décollé est de très loin la cause la plus fréquente, bien avant la tuile cassée.
Diagnostiquer sa souche : les six points à vérifier
Un diagnostic honnête se fait depuis l'échelle ou la nacelle, pas depuis le jardin. Voici ce que regarde un couvreur-maçon sérieux :
- L'arase (le dessus). Est-elle pleine, bombée, débordante avec une goutte d'eau (larmier) ? Ou plate, fissurée, et sans débord ? Une arase plate sans larmier renvoie l'eau directement sur la maçonnerie.
- Les joints sur les quatre faces. Un joint creusé de plus de 5 à 10 mm, pulvérulent sous la pointe d'un tournevis, est hors service.
- L'état des briques. Briques feuilletées, creusées de plus d'un centimètre, qui sonnent creux : elles doivent être remplacées, pas rejointoyées.
- Le solin et les bandes de rive. Zinc plié correctement, engravé ou simplement posé ? Mortier craquelé ? Mastic silicone noirci bricolé par le précédent propriétaire (très mauvais signe) ?
- L'aplomb. Une souche qui penche de plus de 2 à 3 cm sur 1 m de hauteur relève de la démolition-reconstruction, pas de la réparation.
- L'état intérieur du conduit. Un conduit qui ne sert plus mais reste ouvert en tête aspire l'eau de pluie, l'humidité stagne et la maçonnerie reste mouillée toute l'année.
Côté intérieur, inspectez le grenier au pied de la souche par temps de pluie : la trace d'eau est presque toujours visible sur la maçonnerie traversante, avant d'atteindre le plafond de l'étage.
Le réflexe à avoir avant de signer un devis
Si le conduit est encore relié à un appareil de chauffage, demandez systématiquement un examen du conduit (caméra ou test d'étanchéité par un fumiste). Réparer une souche sur un conduit percé revient à repeindre une porte pourrie. Le sujet rejoint celui de la remise en service d'un conduit de cheminée ancien pour un poêle ou un insert : les deux chantiers se pilotent souvent ensemble, avec un échafaudage mutualisé.
Les quatre décisions possibles, et comment choisir
1. Rejointoiement et réfection de l'arase
C'est l'intervention la plus courante quand la maçonnerie est saine mais fatiguée : briques en bon état, souche d'aplomb, joints ouverts et arase fissurée.
Le travail consiste à dégarnir les joints sur 2 à 3 cm, les rejointoyer au mortier de chaux NHL 3,5 avec sable local, couler ou monter une arase débordante avec larmier, et reprendre le solin en zinc. Un hydrofuge de surface respirant peut être appliqué, jamais un film filmogène qui piège l'humidité dans la brique.
Durée : 1 à 2 jours, échafaudage compris.
2. Réfection partielle (démontage du haut de souche)
Quand les trois à six derniers rangs de briques sont gélifs, on démonte jusqu'au bon niveau et on remonte à l'identique, en brique pleine de terre cuite ou en briques de récupération quand la souche est visible depuis la rue. Les boisseaux sont remplacés dans la même opération.
Durée : 2 à 3 jours.
3. Réfection complète avec reprise du solin
La souche est démontée entièrement et reconstruite, avec boisseaux neufs, arase, chapeau ou aspirateur statique, solin en zinc engravé ou bande d'étanchéité autoprotégée, et reprise des tuiles ou ardoises autour. C'est le chantier de référence pour une souche qui penche, fissurée de haut en bas, ou dont l'intérieur est attaqué par les condensats.
Durée : 3 à 5 jours.
4. Arasement sous toiture (suppression de la souche)
Si le conduit ne sert plus et ne servira plus, l'arasement est souvent la meilleure décision économique : on démonte la souche jusqu'en dessous du plan de couverture, on obture le conduit, et on referme la toiture avec un support, un écran sous-toiture et des tuiles de récupération. Résultat : un point faible définitivement supprimé.
Attention toutefois : araser interdit toute remise en service future, et dans une maison mitoyenne ou une copropriété, le conduit peut desservir d'autres logements. Les conditions juridiques et techniques sont détaillées dans notre guide sur la façon de condamner ou déposer un conduit de cheminée en immeuble ancien.

Les prix 2026 constatés en Val-de-Marne
Les fourchettes ci-dessous correspondent à des interventions réalisées sur des pavillons de un à deux étages autour de Champigny-sur-Marne, Chennevières, Le Perreux, Joinville-le-Pont et Créteil, TVA 10 % incluse (taux applicable aux travaux de rénovation sur un logement de plus de deux ans), échafaudage ou nacelle compris.
| Prestation | Fourchette 2026 (TTC) |
|---|---|
| Diagnostic avec montée sur toiture + rapport photo | 180 – 450 € |
| Rejointoiement + arase + reprise de solin (souche 1 conduit) | 900 – 1 900 € |
| Réfection partielle (démontage des rangs hauts) | 1 400 – 2 800 € |
| Réfection complète d'une souche 1 à 2 conduits | 2 200 – 4 500 € |
| Souche large (3 à 4 conduits) ou maison de ville R+2 | 4 000 – 7 500 € |
| Arasement sous toiture + fermeture de couverture | 1 200 – 2 600 € |
| Chapeau de cheminée inox ou aspirateur statique posé | 180 – 600 € par conduit |
| Solin zinc engravé seul (ml) | 90 – 170 €/ml |
| Échafaudage de pignon seul (location + montage, 1 semaine) | 600 – 1 500 € |
Trois facteurs font bouger ces montants plus que tout le reste :
- L'accès. Une souche en milieu de rampant sur un pavillon avec jardin accessible coûte beaucoup moins cher qu'une souche de mitoyen, côté rue, nécessitant une autorisation de voirie et un trottoir neutralisé. Sur ce point, voir notre guide sur l'échafaudage sur le domaine public et l'autorisation de voirie.
- La couverture à reprendre. Les tuiles mécaniques anciennes de modèles arrêtés obligent à chercher de la récupération ; l'ardoise naturelle ajoute 20 à 40 % sur le poste couverture.
- L'amiante. Les bandes de solin bitumineuses posées entre 1960 et 1996 peuvent contenir de l'amiante. Un repérage amiante avant travaux est alors obligatoire avant intervention ; le sujet est traité dans l'article sur le repérage amiante avant travaux.
Les règles à ne pas oublier : urbanisme, DTU et copropriété
Hauteur du débouché
L'arrêté du 22 octobre 1969 relatif aux conduits de fumée, toujours la référence en bâtiment d'habitation, impose que le débouché se situe au moins 40 cm au-dessus de toute partie de construction distante de moins de 8 m, et dépasse le faîtage de 40 cm sur les toitures de pente supérieure à 15°. C'est le point que les propriétaires oublient le plus souvent quand ils font araser « juste un peu » une souche encore en service : le tirage s'écroule, et des refoulements apparaissent dès le premier vent fort.
Déclaration préalable ou non ?
Le simple entretien à l'identique (rejointoiement, arase, solin, chapeau) ne nécessite aucune autorisation. En revanche :
- La suppression d'une souche visible depuis la rue modifie l'aspect extérieur du bâtiment : une déclaration préalable de travaux est à déposer en mairie (Champigny-sur-Marne, Saint-Maur, Vincennes…), instruction d'un mois.
- En secteur patrimonial remarquable ou aux abords d'un monument historique, l'avis de l'Architecte des Bâtiments de France (ABF) s'impose, et il demande très souvent la conservation de la souche, voire sa reconstruction à l'identique en brique apparente.
- Le PLU peut imposer des matériaux ou teintes : vérifiez l'article sur l'aspect des constructions, comme pour une couleur de façade soumise au PLU et au nuancier communal.
En copropriété et en mitoyen
Dans un immeuble d'avant 1948, les souches et les conduits sont en règle générale des parties communes, même si le conduit ne desservait historiquement qu'un seul logement. Les travaux relèvent donc de l'assemblée générale et des charges communes, selon la clé de répartition du règlement de copropriété. Un copropriétaire ne peut ni araser, ni percer, ni poser un chapeau sur une souche commune sans autorisation votée. Les règles de majorité applicables sont détaillées dans notre article sur le vote des travaux en copropriété.
Sur un pavillon mitoyen, la souche posée à cheval sur le mur séparatif est présumée mitoyenne (articles 653 et suivants du Code civil) : les frais de réfection se partagent par moitié, et une démolition unilatérale expose à devoir reconstruire. Une lettre recommandée avec devis joint au voisin reste la première étape, comme pour un mur mitoyen fissuré entre voisins.
Assurance : ce qui est pris en charge, ce qui ne l'est pas
La distinction est simple et trompe beaucoup de propriétaires :
- Vétusté et défaut d'entretien : jamais couverts. Une souche dont les joints se sont dégradés sur trente ans relève de l'entretien du propriétaire. Les dégâts intérieurs (plafond, peinture) peuvent en revanche être partiellement indemnisés au titre du dégât des eaux, avec application de la vétusté.
- Tempête : couverte si la souche a été renversée ou endommagée par un vent dont la violence est établie (relevés Météo-France). La garantie tempête finance alors la reconstruction, avec franchise contractuelle. Déclaration sous 5 jours ouvrés, photos indispensables avant toute mise en sécurité. La méthode de déclaration est la même que pour un sinistre toiture après orage ou grêle.
- Travaux récents défaillants : garantie décennale. Une souche refaite il y a moins de dix ans qui fuit à nouveau relève de la responsabilité de l'entreprise, à condition d'avoir conservé facture, devis et attestation d'assurance. Exigez toujours cette attestation avant le début du chantier.
La check-list avant de signer un devis de souche
Un devis sérieux en Val-de-Marne mentionne, point par point :
- La hauteur et le nombre de conduits traités, et le niveau de démontage prévu (en nombre de rangs).
- Le type de mortier (chaux naturelle NHL, dosage) et la nature des briques ou boisseaux.
- Le mode de raccord à la couverture : zinc engravé, solin mortier ou bande autoadhésive — et les mètres linéaires.
- La reprise des tuiles et leur provenance (neuves, récupération).
- Le mode d'accès : échafaudage, nacelle, cordiste, et si une autorisation de voirie est incluse.
- Le traitement du conduit : obturation ventilée, chapeau, aspirateur statique, ou tubage à prévoir.
- L'évacuation des gravats et le tri des déchets conformément à la filière REP bâtiment.
- L'attestation de responsabilité civile professionnelle et décennale en cours de validité.
Méfiez-vous des interventions proposées en porte-à-porte après une tempête, pour quelques centaines d'euros, consistant à badigeonner la souche de résine noire : c'est la méthode la plus sûre pour transformer une infiltration réparable en maçonnerie saturée d'eau, qu'il faudra démonter entièrement deux hivers plus tard.
Faire le point sur votre toiture avec BTPNE
BTPNE intervient depuis trois générations sur le bâti ancien du Val-de-Marne et des départements voisins — maisons en meulière, pavillons 1900-1930, immeubles d'avant 1948 — et traite les souches de cheminée comme ce qu'elles sont : un ouvrage à la frontière de la maçonnerie, de la couverture et de la zinguerie, qu'il faut reprendre d'un seul tenant pour que l'infiltration s'arrête vraiment. Entreprise tous corps d'état et certifiée RGE pour les travaux d'efficacité énergétique, elle peut mutualiser l'échafaudage avec un ravalement, une réfection de couverture ou un tubage de conduit.
Une tache au plafond ne se règle pas au téléphone : elle se règle en montant sur le toit. Demandez un diagnostic et un devis gratuit via la page contact, consultez des chantiers comparables dans nos réalisations, et si l'eau coule déjà à l'intérieur, passez par les urgences pour une mise en sécurité provisoire avant la prochaine série de pluies.